Russules grisonnantes à chapeau jaune ou orange au Québec

par Yves Lamoureux.
Adaptation et mise en page par Jacques Landry à partir de textes publiés originalement dans les pages Flickr de l’auteur.


Au Québec, nous reconnaissons 2 russules à chapeau dans les teintes de jaune dont le pied grissonne au grattage; l’une R. claroflava (Fig. 1) a un chapeau jaune vif,  l’autre, R. decolorans (Fig. 2), jaune-orange, du moins chez les jeunes. L’analyse détaillé de ces russules au Québec révèle l’existence d’au moins 3 autres espèces. Je présente ici une brève description de ces trois espèces nommées provisoirement : R. claroflavoides, R. citronolutea, et R. pseudodecoloransR. citrinolutea et R. claroflavoides diffèrent de R. claroflava par leur pied qui rougit au grattage avant de grisonner.  R. pseudodecolorans se distingue de R. decolorans par ses spores plus petites et à ornementations plus basses.  Il me semble nécessaire de distinguer ces espèces par des noms provisoires, afin de les faire connaître et d’encourager l’étude du difficile « groupe claroflava-decolorans » dans le nord-est de l’Amérique du Nord

Récolté le 7 juillet 1990, dans une sapinière à bouleau, Saint-Lazare (Montérégie). Collection Lamoureux 969 (CMMF).   Cuticule du chapeau sans piléocystides, avec des hyphes fortement incrustées.   Chair et pied ne rougissant pas avant de grisonner.

Fig. 1  Russula claroflava Grove / Russule jaune clair
Récolté le 7 juillet 1990, dans une sapinière à bouleau, Saint-Lazare (Montérégie). Collection Lamoureux 969 (CMMF).
DIAGNOSE : Chapeau jaune au début. Chair et pied ne rougissant pas avant de grisonner. Cuticule sans piléocystides, avec des hyphes incrustées. Spores 8-9,5 x 6,5-7,5 µm, verruqueuses-connexées, à ornementations de 0,5-0,7 µm de hauteur.

 

Russula decolorans (Fr. : Fr.) Fr. / Russule décolorée  Récolté le 20 septembre 1993, à Contrecoeur (Montérégie), parmi les sphaignes, sous sapins, mélèzes et épinettes. Collection Lamoureux 2063 (CMMF).

Fig 2. Russula decolorans (Fr. : Fr.) Fr. / Russule décolorée
Récolté le 20 septembre 1993, à Contrecoeur (Montérégie), parmi les sphaignes, sous sapins, mélèzes et épinettes. Collection Lamoureux 2063 (CMMF).
DIAGNOSE : Chapeau orange au début. Pied grisonnant au grattage, parfois rougissant au préalable. Cuticule avec des piléocystides réagissant fortement dans la sulfovanilline, sans hyphes incrustées. Spores 9,5-13,5 x 7,5-9,5 µm, à longues épines isolées atteignant 1,5 µm de hauteur.

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Potins mycologiques du 22 août 2014

Par Yves Lamoureux

QU’Y AVAIT-IL DANS UNE SAPINIÈRE À BOULEAU EN CE BEAU VENDREDI MATIN?

On ne parlera que d’espèces rares, bolets et lamellés, peu connues ou mal comprises, vues un peu au nord de Saint-Côme (Lanaudière).

Voilà maintenant neuf jours qu’il a plu en abondance sur le site, mais les champignons se font attendre… comme prévu! Précisons tout de suite que le temps était très sec avant cette pluie. Ce texte s’applique à la région de Montréal et environs. On verra plus loin pourquoi que cela est normal. C’est ce qui laisse du temps pour écrire un texte dans un blogue!

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Deux belles xérampélines orangées nommées à tort Russula barleae Quél.

par Yves Lamoureux.
Adaptation et mise en page par Jacques Landry à partir d’un texte publié originalement dans les pages Flickr de l’auteur.


Au Québec, deux belles russules à chapeau orangé, brunissant au contact et à odeur de crustacés cuits, ont longtemps été nommées à tort “Russula barlae Quél.”.

À ce jour, l’autorité mondiale en xérampélines (voir l’encadré : QU’EST-CE QU’UNE XÉRAMPÉLINE? ), Slavomír Adamčík, tout comme la majorité des auteurs européens modernes (Mauro Sarnari, Bart Buyck, etc.), considère Russula barlae comme un nomen dubium (espèce fantôme, en quelque sorte), le taxon ayant été confondu avec d’autres espèces du même groupe. Lire la suite