Chevreuils et champignons à Anticosti

par Jacques Landry

Dans la cour du restaurant chez Mario à Port-Menier, Ile-d’Anticosti, un chevreuil vient manger dans les mains d’un groupe de mycologues qui lui offrent des champignons cueillis la veille. Le cervidé mange avidement une russule, un lactaire (Lactarius deterrimus), un Sarcodon et un hypogé. Il semble particulièrement raffoler d’un Polypore tomenteux (Onnia tomentosa). Par contre, il rejette instinctivement un entolome, lequel est probablement toxique.

 

 

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Plusieurs espèces d’animaux mangent des champignons.

Plusieurs espèces d’animaux mangent des champignons. Parmi ceux-ci on compte de gros cervidés comme le chevreuil, l’orignal ou le caribou, mais aussi des petits animaux comme les écureuils. Des oiseaux, des tortues et bien sûr des insectes en font aussi leur nourriture. Pour plusieurs d’entre eux, les champignons représentent une partie importante de leur diète.

Dans le cas des cervidés, les champignons peuvent représenter la majorité de leur diète, dépendamment de la saison et de leur disponibilité. Pour ces herbivores, les champignons sont aliments très nutritifs et essentiels, du moins d’une façon sporadique. On pense que la diète fongique des caribous représente 10-25%, peut-être 45% de leur diète avec des pointes au-dessus de 80% dans des cas particuliers. Plusieurs auteurs croient que les champignons seraient un des mets préféré des chevreuils, orignaux et caribous, si bien que ceux-ci ne les mangent pas seulement au hasard de leurs rencontres, mais les recherchent activement.

Et lesquels mangent-ils?

On connaît peu les espèces précises mangées par les cervidés, cependant un grand nombre de genres ont été rapportés. Ainsi dans le cas du chevreuil la littérature mentionne qu’ils mangent à peu près de tout incluant des amanites, bolets, clavaires, clitocybes, cortinaires, morilles, lactaires, lentins, polypores, et russules. Les champignons préférés des wapitis seraient certaines pézizes (Aleuria), des bolets et des russules. Quant aux caribous,  ils n’hésiteraient pas à manger à peu près toutes les sortes de champignons dont des bolets, coprins, lactaires, vesse-de-loup, morilles et russules, en plus des lichens.

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Importance dans leur diète.

Les champignons sont des aliments très riches. On y retrouve 20-40% de protéines en poids à l’état sec, et autant de gras et de sucres que dans les fruits. De plus, si les champignons ne sont pas faciles à digérer pour les humains, ce n’est pas le cas pour les cervidés. Au contraire! La dégradation de la paroi cellulaire des champignons requiert des enzymes bien particuliers, des chitinases et des glucanases.  La chitine est facilement dégradée dans le rumen (la panse) des cervidés grâce à la présence de la chétinase dans les microbes résidents. Ainsi les champignons auraient une digestibilité de l’ordre de 90%, ce qui est beaucoup mieux que pour les autres aliments des cervidés.

On comprend donc qu’avec une haute valeur nutritive et une haute digestibilité, les champignons occupent une place de choix dans l’alimentation des chevreuils, particulièrement tard à l’été, où leur diète végétale ne peut procurer qu’une alimentation de maintien.

Au Québec

Au Québec, une étude réalisée en 2004 par Daigle et coll. du Service canadien de la faune ainsi que du département de Biologie de l’Université Laval, a permis d’établir qu’à l’automne, près de 30% du volume des aliments retrouvés dans la panse des cerfs étaient des champignons. À l’automne, les chevreuils mangent des feuilles diverses comme celles de de l’érable ou du bouleau, vertes ou sèches. Ils mangent également des petits fruits, mais les champignons font partie de leur mets principal. Ceci est d’autant plus important que les champignons sont, pour les cerfs, facilement digestibles et procurent beaucoup de protéines et phosphore. Les auteurs pensent même que la présence d’acide gras dans les champignons les aide à mieux digérer les feuilles sèches qu’ils mangent à la même époque. Il est souligné que les champignons se retrouvent surtout dans les forêts denses, justement où les chevreuils aiment aller pour fuir les mouches ou encore en préparation pour l’hiver.

À Anticosti

Le rôle important que jouent les champignons dans l’alimentation des chevreuils est probablement encore plus vrai à l’Ile-d’Anticosti où le chevreuil est en surpopulation et la nourriture est rare. Il n’y a plus de jeunes sapins ou de feuillus à manger sur l’ile, mais il y a des champignons en abondance, particulièrement à l’automne, où quelques bouchées d’un aliment riche en protéines et hautement digestible peut faire la différence à l’approche de l’hiver.

Bibliographie

  • Portvin, F., P. Beaupré, A. Gingras et D. Pothier. 2000. Le cerf et les sapinières de l’île d’Anticosti. Société de la Faune et des Parcs du Québec, Rapport. 35 p.
  • Inga B (2009) Reindeer ( Rangifer tarandus tarandus ) feeding on lichens and mushrooms: traditional ecological knowledge among reindeer-herding Sami in northern Sweden. Rangifer 27:93–106. doi: 10.7557/2.27.2.163
  • Daigle C, Crête M, Lesage L, et al (2004) Summer Diet of Two White-tailed Deer, Odocoileus virginianus , Populations Living at Low and High Density in Southern Québec. The Canadian Field-Naturalist 118:360–367.
  • Launchbaugh KL, Urness PJ (1992) Mushroom consumption (mycophagy) by North American cervids. The Great Basin Naturalist. doi: 10.2307/41712738
  • Crawford HS (1982) Seasonal food selection and digestibility by tame white-tailed deer in central Maine. The Journal of Wildlife Management 46:974. doi: 10.2307/3808230

Le mycologue René Pomerleau, vu par André J. Fortin

L’Acfas nous annonce cette semaine la création du Fonds René-Pomerleau, en l’honneur du phytopathologiste et mycologue René Pomerleau, fondateur des cercles de mycologues de Montréal et Québec au début des années 1950.

André F. Fortin, nous livre un témoignage sur René Pomerleau, tel qu’il l’a connu au début de sa carrière alors qu’il était étudiant. Le film, produit par le magazine Découvrir de l’Acfas, est publié sur Youtube et également le site du journal de l’Acfas.

Nom de champignons! no 8 (mars 2016)

par Jacques Landry

Voici une liste des modifications et ajouts qui ont été faits à l’Index des champignons de Mycoquébec entre le 15 décembre 2015 et le 1er mars 2016. Un résumé sommaire des raisons qui justifient ces changements est également présenté. N’hésitez pas à laisser un commentaire au bas de cette page pour indiquer votre opinion sur les changements apportés. Notez aussi que plusieurs des noms changés sont conservés dans la banque de Mycoquébec et demeurent accessibles avec l’outil de recherche.

Dix-sept (17) nouvelles espèces ajoutées à l’index ou illustrées pour la première fois dans Mycoquébec

(*les noms français devront être précisés)

28 février 2016
26 février 2016
24 février 2016
18 février 2016
15 février 2016
11 février 2016
4 février 2016
29 janvier 2016
28 janvier 2016
9 janvier 2016
3 janvier 2016
19 décembre 2015  

Quinze (15) espèces enlevées de l’index.

Ces espèces n’étaient pas illustrées ni décrites et leur présence au Québec est considérée comme douteuse.

  1. Gymnopilus validipes : identification incertaine, la distinction avec G. luteus n’est pas claire, basée uniquement sur la senteur
  2. Inocybe fibrillosipes
  3. Russula brunneidisca Y. Lamoureux nom. prov.
  4. Russula brunneomaculata Y, Lamoureux nom. prov.
  5. Russula cinerascentipes Y. Lamoureux nom. prov.
  6. Russula odora Y. Lamoureux nom. prov.
  7. Russula perparva Y. Lamoureux nom. prov.
  8. Russula sphagnicola Y. Lamoureux nom. prov.
  9. Russula subareolata Y. Lamoureux nom. prov.
  10. Russula subochracea Y. Lamoureux nom. prov.
  11. Russula vernalis Lamoureux nom. prov.
  12. Entoloma luteobrunneum Y. Lamoureux nom. prov.
  13. Inocybe pallidolutea : espèce inconnue sans information.
  14. Russula cicatrica : Les russules identifiées dans la passé comme R. cicatrica seraient plutôt R. squalida.
  15. Strobilurus esculentus
  16. Strobilurus stephanocystis
  17. Strobilurus tenacellus : Les 3 Strobilurus, bien que recherchés, n’ont jamais été trouvés et sont considérés comme absentes d’Amérique par Redhead.
    • Redhead, S. (1980). The genus Strobilurus (Agaricales) in Canada with notes on extralimital species Can J Bot 58, 68–83.
  18. Galerina stylifera var. badia
  19. Galerina stylifera var. caespitosa

Liste des changements de noms effectués

(en orange, la nouvelle désignation)

Hygrocybe tahquamenonensis Y. Lamoureux comb. prov.  ⇒ Hygrocybe tahquamenonensis

La nouvelle combinaison avait été prédite par Yves Lamoureux, elle a été officialisée par Bessette, A.E; Bessette, A.R; Roody, W.C; Sturgeon, W.E., Mycotaxon 123: 92 (2013) [MB#801114]

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Entoloma undulatellum Y. Lamoureux comb. prov. ⇒ Entoloma undulatellum

La combinaison a été faite par Nooderlooss en 2008.

  • Noordeloos ME (2008) Entoloma in North America 2: the species described by CH Peck–type studies and comments. Österr Z Pilzk 17:87–152.

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Galerina stylifera Galerina sideroides / *

Selon Gro Gulden (Funga Nordica) et De Haan et Walleyn (Fungi non delineati Pars XXIII), G. sideroides est un synonyme prioritaire de G. stylifera. La synonymie n’est pas indiquée dans Index Fungorum, mais elle l’est dans Mycobank.

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Psathyrella pallidiceps Y. Lamoureux nom. prov. Homophron pallidiceps Y. Lamoureux nom. prov.

Les psathyrelles du groupe Homophron sont maintenant des Homophron. Un oublie d’un blogue précédent.

  • Örstadius L, Ryberg M, Larsson E (2015) Molecular phylogenetics and taxonomy in Psathyrellaceae (Agaricales) with focus on psathyrelloid species: introduction of three new genera and 18 new species. Mycological Progress 14:25–42. doi: 10.1007/s11557-015-1047-x

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Sphaerosporella hinnulea ⇒ Sphaerosporella brunnea / Pézize brune

Ces deux taxons seraient identiques et S. brunnea est prioritaire. Nous avions les deux noms dans l’Index. S. hinnulea a été enlevé et la photo que nous avions a été déplacé vers S. brunnea.

  • Yao, Y.J., and Spooner, B.M. (1996). Notes on Sphaerosporella (Pezizales), with reference to British records. Kew Bulletin 51, 385.
  • Kuo, M. (2015, February). Sphaerosporella brunnea. Retrieved from the MushroomExpert.Com Web site: December://www.mushroomexpert.com/sphaerosporella_brunnea.html.

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Neonectria coccinea ⇒ Neonectria faginata / Nectrie du hêtre

N. coccinea n’existe pas en Amérique du Nord. On trouve ici plutôt N. coccinea var. faginata qui est maintenant N. faginata. On trouve également en Amérique N. ditissima, qui se distingue facilement de N. faginata par la grosseur de ses ascospores. Nos spécimens devront être déterminés avec plus de soin. Chacune des espèces a une forme anamorphique qui se distingue l’une de l’autre aussi par la grosseur et la forme de leurs macroconidies.

  • Castlebury, L.A., Rossman, A.Y., and Hyten, A.S. (2006). Phylogenetic relationships of Neonectria/Cylindrocarpon on Fagus in North America  Botany 84, 1417–1433.

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Entoloma fuscifolium Y. Lamoureux comb. prov. ⇒ Entoloma fuscifolium 
Entoloma foliomarginatum Y. Lamoureux comb. prov. ⇒ Entoloma foliomarginatum 
Entoloma rhodocylicioides Y. Lamoureux comb. prov. ⇒ Entoloma rhodocylicioides
Entoloma subdepluens (Fitz.) Y. Lamoureux comb. prov. ⇒ Entoloma subdepluens
Entocybe turbida  ⇒ Entoloma turbidum
Entocybe vinacea var. fumosipes  ⇒ Entoloma vinaceum var. fumosipes
Entocybe melleogrisea   Entoloma melleogriseum

On sait depuis 2009 que les différents genres décrivant les Entoloma s.l. ne sont pas monophylétiques et que leur définition devra être revue. Suite à ces études, nous utilisons un seul genre, Entoloma, du moins lorsque la combinaison existe. Certaines espèces avaient d’ailleurs été recombinées provisoirement (par Y. Lamoureux). L’article de Blanco-Dios vient régulariser ces recombinaisons et en faire d’autres qui sont insérées dans l’Index.

  • Blanco-Dios, J.B. (2015). Notas sobre el género Entoloma s.l. en el noroeste de la Península Ibérica (VII): nuevas combinaciones y nuevos nombres. Tarrelos 32–38.
  • Co-David, D., Langeveld, D., and Noordeloos, M.E. (2009). Molecular phylogeny and spore evolution of Entolomataceae. Persoonia 23, 147–176.

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Pluteus petasatus ss. auct. amer.   Pluteus petasatus

La présence de ce taxon a été confirmée au Québec. «ss. auct. amer.» n’est plus requis.

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Pseudochaete tabacina   Hymenochaetopsis tabacina 
Hydnochaete olivacea (= Pseudochaete olivacea) ⇒  Hymenochaetopsis olivacea

Le genre Pseudochaete, représenté par son espèce type P. tabacina et dans lequel on venait de placer H. olivacea est un nom illégitime (nomen illegitimum), car ce genre est déjà utilisé depuis 1903 pour certaines algues. Un nouveau nom de genre vient d’être proposé : Hymenochaetopsis (qui ressemble à Hymenochaete).

  • Yang, J., Dai, L.-D., and He, S.-H. (2016). Hymenochaetopsis nom. nov. proposed to replace Pseudochaete (Hymenochaetales, Basidiomycota) with descriptions of H. laricicola sp. nov and H. gigasetosa new to China. Mycological Progress 15, 13–18.
  • Parmasto, E., Saar, I., Larsson, E., and Rummo, S. (2014). Phylogenetic taxonomy of Hymenochaete and related genera (Hymenochaetales). Mycological Progress 13, 55–64.

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Lentinus strigosus / Lentin strigueux  Panus neostrigosus / Pleurote strigueux

Lentinus strigosus étant maintenant un Panus ne peut s’appeler Panus strigosus, ce nom (Panus strigosus Berk. & M.A. Curtis) étant un ancien nom de Lentinus levis (Berk. & M.A. Curtis) Murrill. Pour cette raison, le nom de Panus neostrigosus lui a été attribué par Drechsler-Santos et coll. en 2012. En français, il deviendrait un pleurote comme l’autre Panus, Panus conchatus / Pleurote en éventail.

  • Drechsler-Santos, E.R., Wartchow, F., Coimbra, V.R.M., Gibertoni, T.B., and Cavalcanti, M.A.Q. (2012). Studies on lentinoid fungi ( Lentinusand Panus) from the semi-arid region of Brazil 1. The Journal of the Torrey Botanical Society 139, 437–446.

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Clitocybe candicans  ⇒ Leucocybe candicans
Lyophyllum connatum (Clitocybe connata) ⇒ Leucocybe connatum
Clitocybe phaeophthalma ⇒ Singerocybe phaeophthalma
Clitocybe pruinosa⇒ Rhizocybe pruinosa

Il est bien accepté que le genre Clitocybe est hautement polyphylétique, se retrouvant même dans plusieurs familles distinctes du clade tricholomatoïde (Entolomataceae, Lyophyllaceae et dans des clades soeurs à celles-ci).  Sa réorganisation est attendue. Toutes les espèces se distançant de l’espèce type C. nebularis devront éventuellement être changées de genre. Il y a quelques années, les études génétiques avaient même exclu certains Clitocybe du clade tricholomatoïde, par exemple,  avec la création du genre Ampulloclitocybe dans les Hygrophoraceae. C’est dans cet élan que nous introduisons dans l’index trois nouveaux genres pour accommoder des Clitobybe éloignés de l’espèce type : SIngerocybe,  Leucocybe et Rhizocybe. Ce n’est qu’un début.

Clitocybe candicans et L. connatum étaient classées dans les familles des Entolomataceae et Lyophyllaceae, mais se retrouvent nettement dans un même clade, dans une famille à redéfinir. La famille d’appartenance des Singerocybe et des Rhizocybe restent également à définir. Un point intéressant, ces trois familles ont des caractères morphologiques très bien définis.

Un quatrième genre clitocyboïde aurait pu apparaitre dans l’index avec l’espèce Atractosporobybe inornata (=Clitobybe inornata). La sous-espèce américaine, Clitocybe inornata ssp. occidentalis n’a malheureusement pas été inclue dans l’étude.

  • Moreau, P.-A., Courtecuisse, R., and Bellanger, J.-M. (2015). Les noms qui changent… (2) Agaricales, Boletales et Tricholomatales. Documents Mycologiques 36, 85–101.
  • Alvarado, P., Moreno Horcajada, G., Vizzini, A., Consiglio, G., Manjón, J.L., and Setti, L. (2015). Atractosporocybe, Leucocybe and Rhizocybe, three new clitocyboid genera in the Tricholomatoid clade (Agaricales) with notes on Clitocybe and Lepista. Mycologia 107, 123–136.

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Marasmius cohaerens var. lachnophyllus  ⇒ Marasmius lachnophyllus Marasme à lames frangées      

Index fungorum semble maintenant reconnaître la variété lachnophyllus comme espèce, ce qui ne surprend personne qui connait bien lachnophyllus, facilement distinguable et beaucoup plus fréquente que la variété cohaerens. Cependant la combinaison Gymnopus lachnophyllus (Berk.) Murrill qu’ils proposent, ne semble pas avoir été utilisée par personne depuis Murrill (1912), non plus par Gilliam qui l’avait placée en variété de cohaerens en 1976. Il nous apparait donc pertinent de reconnaître lachnophyllus comme une bonne espèce et utiliserons désormais la combinaison Marasmius lachnophyllus (Berk.) Morgan, jusqu’à ce qu’une étude vienne éclaircir le tout.

  • M. S. Gilliam (1976) The genus Marasmius in the northeastern United States and adjacent Canada, Mycotaxon 4: 1–144.
  • Index fungorum