Clé des hygrophores du Québec (Renée Lebeuf)

Renée Lebeuf vient de mettre en ligne une nouvelle clé des hygrophores du Québec. Cette clé qui couvre tous les Camarophyllopsis, Cuphophyllus, Hodophilus, Hygrophorus, Hygrocybe, Chromosera, Gliophorus, Gloioxanthomyces, Humidicutis, Neohygrocybe, Porpolomopsis, est disponible sur le site de Mycoquébec. L’élaboration de cette clé représente un travail gigantesque qui sera certainement très utile pour l’identification sur le terrain de ces beaux mycètes.

Utilisation des clés sur Mycoquébec.

Jusqu’à maintenant, près de 150 clés d’identification ont été placées sur Mycoquébec. Ces clés sont atteignables en cliquant sur l’onglet « CLÉS-Nouvelles clés » sur la page d’accueil de Mycoquébec.

Probablement encore plus pratiques, elles sont visibles également dans les pages individuelles des espèces.

Par exemple, rendez-vous sur la page de recherche globale dans Mycoquébec et recherchez « Hygrophorus« . Choisissez une des espèces. Les photos de cette espèce apparaissent dans la fenêtre du centre et tout en haut, il est indiqué qu’une clé est disponible. Cliquez maintenant « Clé disponible » (flèche 1) et sur la clé illustrée (flèche 2). La clé complète apparaîtra au-dessus des photos des espèces (flèche 3).

Cette clé est interactive. Cliquez sur le numéro à la droite pour descendre directement à la ligne suggérée. Placez votre pointeur sur le numéro à gauche pour accentuer la ligne qui réfère à ce numéro, cliquez sur le numéro pour retourner à l’énoncé précédent. Finalement, toutes les espèces en vert sont cliquables, vous dirigeant vers la page de l’espèce.

Voici maintenant une courte vidéo qui illustre le tout. Cliquez sur l’image ci-dessous pour lancer la vidéo.

La clé vous est présentée ici aussi sous sa forme interactive. Pour ceux qui aurait des problèmes à visualiser la clé ici, cliquez sur le bouton ci-dessous.

Clé des hygrophores

 

 

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Des polyozelles… chanterelle bleue, noire ou brune.

par Jacques Landry

On la nomme « Chanterelle bleue » même si l’on sait qu’elle peut prendre une variété de teintes entre le bleu et le noir et même le brun. Une équipe de mycologues, dirigée par Andrus Voitk de Terre-Neuve, vient d’en donner une explication. Polyozellus multiplex est un complexe d’espèces. Trois espèces distinctes ont été trouvées dans l’est de l’Amérique du Nord. Deux d’entre elles ont été trouvées  au Québec, P. multiplex et P. atrolazulinus, et une troisième s’y trouve tout probablement, P. mariae.

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Phylogénie des cèpes du Québec

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par Jacques Landry

En collaboration avec Jean Bérubé, Raymond Archambault, Yves Lamoureux, Renée Lebeuf, Lynn Megarbané et Franck Stefani, qui ont généreusement accepté de partager leurs séquences avant publication dans GenBank.

L’analyse de 30 nouvelles séquences ITS confirme au moins 5 clades de cèpes au Québec.

Cepe

À la UNE : Cèpe d’Amérique 
PHOTO : Pierre Rambaud

Boletus clavipes vient d’être éliminé de l’Index de Mycoquébec et les photos associées à ce nom ont été déplacées vers Boletus chippewaensis. B. clavipes et B. chippewaensis sont deux taxons du groupe des cèpes (porcini), apparentés à Boletus edulis, une espèce européenne décrite par Bulliard en 1782. Ceci réduit donc à cinq le nombre de cèpes véritables reconnus au Québec : B. chippawaensis, B. subcaerulescens, B. variipes, B. atkinsonii et B. separans. Une clé des cèpes du Québec est disponible sur le site de Mycoquébec.  Lire la suite

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Le complexe Phellinus igniarius

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Nom de champignons! No 14 (mars 2017)

par Jacques Landry

Suite à une meilleure caractérisation des espèces tant au niveau chimique que moléculaire,  le genre Phellinus a été sévèrement amputé au cours des années, menant à la création de nouveaux genres comme les Fomitiporia, Fuscoporia, Phellinidium, Porodaedalea et autres. Les espèces qui ont résisté au démantèlement se retrouvent depuis 2011 dans un concept Phellinus plus serré (Wagner and Fischer, 2001) qui comprend P. igniarius, l’espèce type du genre, ainsi qu’une dizaine d’autres espèces regroupées sous le nom de complexe Phellinus igniarius. Un article publié en 2016 par Zhou et al. jette un éclairage nouveau sur les Phellinus présents en Amérique.

La délimitation des espèces dans le complexe Phellinus igniarius est très difficile au niveau morphologique et repose presque exclusivement sur la sélectivité d’hôte qui doit être validée par une analyse phylogénétique.

Dans son livre en 2003, Bruno Boulet considère que P. igniarius au sens strict est très rare au Québec, avec une seule mention possible par Niemela à Poste-à-la-Baleine en 1985. Il propose que ce que l’on nomme alors P. igniarius inclut vraisemblablement plusieurs espèces, mais surtout une qui est très commune et qui correspond au concept européen de P. alni. Il préfère la désigner P. aff. alni puisque selon des études moléculaires non publiées qu’il cite, la version québécoise de P. alni serait différente de la version européenne.  Il décrit également P. lundellii, P. nigicans, P. tremulae et P. betulinus, ce dernier sous le nom de P. laevigatus alors considéré comme synonyme prioritaire (voir Parmasto 2007). Dans le cas de P. nigricans, ses analyses de terrain le portent à la nommer P. nigricans, mais il choisit le nom de P. cinereus, une espèce très près de P. nigricans, également sur la base de résultats d’analyses moléculaires.

Boulet, B., Les champignons des arbres. page 243.

Extrait d’une clé des Phellinus tirée de Boulet, B., Les champignons des arbres. page 243.

 

Le travail de phylogénétique de Tomšovský et al. en 2010, portant exclusivement sur les Phellinus européens, confirme la spécificité d’hôte et l’existence distincte de la plupart des Phellinus d’Europe, sauf pour  P. cinereus et P. nigricans qu’ils placent en synonymie, rappelant que les caractères morphologiques discriminant les deux taxons sont très faibles et observant que tous les P. cinereus étudiés se retrouvent soit dans le clade de P. nigrigans ou celui de P. alni. Aucun P. cinereus/nigricans d’Amérique n’était considéré dans l’étude.

Dans leur article paru en 2016 dans la revue Mycologie, Zhou et al. étudient ce complexe à l’échelle mondiale, considérant des échantillons en provenance de l’Asie de l’Est, l’Europe et l’Amérique du Nord. Les Phellinus sont apparemment absents de l’hémisphère sud.

L’analyse phylogénétique révèle une répartition des taxons en 3 clades distincts :

  • Clade A : P. alni, P. igniarius (pseudoigniarius), P. lundellii, P. nigricans et P. populicola
  • Clade B : P. pomaceus, P. tremulae et 4 nouvelles espèces dont P. pomaceoides
  • Clade C : P. betulinus, P. orienticus, P. laevigatus et P. piceicola

Une telle analyse pourrait conduire les auteurs à restreindre le genre Phellinus au clade A qui contient l’espère type du genre et à attribuer un autre nom de genre aux clades B et C. Cependant, ils choisissent de ne pas scinder le complexe en différents genres, étant incapables de trouver des caractères uniques à chacun de ces clades.

Selon les conclusions de leur travail, six espèces du complexe Phellinus igniarius seraient présentes en Amérique (de couleur orange dans le liste ci-haut). L’unique séquence de P. alni américaine utilisée s’est localisée dans le clade alni entre les séquences asiatiques et européennes. Le résultat semble indiquer que P. alni est cosmopolite, par contre la statistique n’est pas très solide et il est bien possible que ce résultat soit contredit lorsqu’une étude plus détaillée sera complétée. Les résultats sont plus solides dans le cas de P. lundellii. Dans ce cas, quatre échantillons américains étaient disponibles et dans chaque cas, deux séquences ont été utilisées. Les résultats démontrent assez clairement que P. lundellii est présent en Amérique, alors que sa présence en Asie est un peu moins certaine. Dans le cas de P. tremulae, les auteurs avaient 3 échantillons américains à leur disposition et n’avaient la séquence de deux gènes que pour l’un d’entre eux. Leurs résultats suggèrent que P. tremulae représente peut-être des espèces distinctes sur les trois continents, mais considérant le faible échantillonnage, les auteurs choisissent avec raison de ne pas subdiviser l’espèce en trois pour le moment. Dans le cas de P. betulinus, les résultats concernant 4 collections avec dans chacun des cas, deux gènes, sont concluants et appuient les conclusions obtenues par Parmasto en 2007. L’espèce dont le type est du Maine est statistiquement distincte des espèces-soeurs  P. laevigatus (Europe) et P. orienticus (Asie). Quant à P. igniarius, les auteurs notent qu’ils n’en n’ont pas trouvé sur le terrain en Amérique et qu’aucune séquence d’igniarius américain n’est présente dans Genebank, alors que dans le cas de l’Asie,  les séquences de P. pseudoigniarius se localisent à travers celles de P. igniarius.

Alors, que devons-nous conclure de cette étude pour le Québec?  D’abord, il est tout à fait probable que P. lundellii, P. tremulae, P. betulinus et P. nigricans (= cinereus) soient présents ici et, bien que la preuve ne soit pas très forte à l’effet que notre P. alni soit identique à l’espèce type européenne, rien ne justifie pour l’instant, ni au niveau génétique, ni au niveau morphologique, de considérer notre P. alni comme différente de l’entité européenne.  Finalement, bien que l’on ne puisse pas exclure la possibilité que P. igniarius se trouve au Québec, il n’y a rien non plus qui le suggère et à moins que des caractères morphologiques distinctifs se précisent pour cette espèce, on peut croire qu’il sera bien difficile d’en démontrer l’existence. Notons également que dans cette étude, une nouvelle espèce est décrite pour l’Amérique. Il s’agit de P. pomaceoides trouvée sur les Prunus au Texas et Wyoming. 

Une nouvelle clé des Phellinus au Québec a été élaborée par Roland Labbé et est disponible sur les pages de Mycoquébec.

À partir de ces nouvelles précisions, voici les hôtes qui sont retenus pour ces espèces ( en ne retenant que les récoltes confirmées par la phylogénétique):

  • P. alni :  Alnus, mais aussi divers feuillus comme Betula, Carpinus, Fagus and Sorbus (Tomšovský et al. 2010).
  • P. nigricans :  seuls Tilia et Betula sont confirmés (Fischer and Binder 2004).
  • P. lundellii sur Betula, mais aussi Acer, Alnus et Fraxinus  (Fischer and Binder 2004, Tomšovský et al. 2010).
  • P. tremulae pousse seulement sur Populus en Europe et en Amérique (Gilbertson and Ryvarden 1987, Núñez and Ryvarden 2000, Melo and Ryvarden 2014)

 

Voici les changements apportés au Phellinus dans l’index Mycoquébec :

Phellinus aff. alni  ⇒  Phellinus alni

Phellinus igniarius s. stricto  enlevé de l’index

Phellinus cinereus  Phellinus nigricans

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Phellinus conchatus ⇒  Phellinopsis conchata

  • Ce taxon n’est pas un Phellinus tel que démontré par Dai en 2010. Ce dernier l’a recombiné en Phellinopsis (Dai, 2010)
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Phellinus everhartii, Phellinus prunicola   inchangés

  • P. everhartii et P. prunicola ont été transférés  dans le genre Phellinus respectivement en 1913 et en 1979. Ils n’ont pas été étudiés récemment.
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Merci à Roland Labbé pour sa lecture critique.

RÉFÉRENCES

  • Boulet B (2003) Les champignons des arbres de l’est de l’Amérique du Nord. Les publications du Québec, Québec
  • Dai Y-C (2010) Hymenochaetaceae (Basidiomycota) in China. Fungal Divers 45:131–343.
  • Fischer M, Binder M (2004) Species recognition, geographic distribution and host-pathogen relationships: a case study in a group of lignicolous basidiomycetes, Phellinus s.l. Mycologia 96:799–811.
  • Gilbertson RL, Ryvarden L. (1987). North American polypores 2. Oslo, Norway: Fungiflora. 885 p
  • Núñez M, Ryvarden L. (2000). East Asian polypores 1. Ganodermataceae and Hymenochaetaceae. Synopsis Fungorum 13:1–168.
  • Parmasto E (2007) Phellinus laevigatus sl (Hymenochaetales): a ring species. Folia Cryptog Estonica 43:39–49.
  • Tomšovský M, Vampola P, Sedlák P, et al (2010) Delimitation of central and northern European species of the Phellinus igniarius group (Basidiomycota, Hymenochaetales) based on analysis of ITS and translation elongation factor 1 alpha DNA sequences. Mycological Progress 9:431–445
  • Wagner T, Fischer M (2001) Natural groups and a revised system for the European poroid Hymenochaetales (Basidiomycota) supported by nLSU rDNA sequence data. Mycol Res 105:773–782.
  • Zhou LW, Vlasak J, Qin WM, Dai YC (2016) Global diversity and phylogeny of the Phellinus igniarius complex (Hymenochaetales, Basidiomycota) with the description of five new species. Mycologia 108:192–204.
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Nouveautés chez les Suillus du Québec

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Sept Suillus changent de nom.

Pauline Dubé, Roland Labbé et Jacques Landry

 

Une bonne nouvelle! Contrairement aux Boletus qui ont été complètement démantelés suite aux études phylogénétiques des dernières années (voir l’article sur les Bolets paru précédemment), les Suillus eux résistent. Une étude phylogénétique à grande échelle vient de révéler que le concept des Suillus tient la route, bien que l’identité de plusieurs de nos espèces ait été précisée et qu’ils changeront de noms. Heureusement, les auteurs ont utilisé plusieurs séquences de Suillus en provenance du Québec, ce qui nous permet de nous ajuster précisément aux résultats de l’étude. (Photo à la une : Suillus paluster, Herman Lambert)

Nguyen et al. (2016)  dont l’article doit paraître dans Mycologia très bientôt, ont réalisé une vaste étude phylogénétique des espèces du genre Suillus en utilisant les séquences ITS disponibles dans les bases de données publiques et en séquençant 224 nouveaux spécimens, de collections et cultures. Quinze holotypes d’espèces nord-américaines ont aussi été séquencés.

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