Première observation de Phallus rubicundus / Satyre rubicond au Québec

Première observation de Phallus rubicundus / Satyre rubicond au Québec

Classé dans : Champignon vedette | 1

par Jacques Landry

Claude Bélanger, un collaborateur de Mycoquébec de la région de Montréal, vient de déposer sur le site de Mycoquébec des photos de Phallus rubicundus / Satyre rubicond, ce qui constitue une première observation officielle pour cette espèce sur le territoire québécois.

 « J’observe ce champignon et le photographie depuis 3 ans environ. Je croyais qu’il s’agissait de Mutinus ravenelii », écrit Claude Bélanger sur la page Flickr de sa photo.
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PHOTO : Claude Bélanger

C’est d’abord John Plischke, un mycologue américain et collaborateur de Mycoquébec, qui a indiqué à Claude Bélanger qu’il s’agissait de P. rubicundus plutôt que d’un Mutinus. Il l’a reconnu à la couleur de son pied ainsi que de la séparation du chapeau du pied. En effet, au contraire des Mutinus qui produisent leurs spores directement sur le haut du pied, les Phallus ont une surface fertile attachée seulement au sommet du pied à la manière d’un véritable chapeau. (Voir la figure 4 du site web Fungi Growing on Wood.). Pour cette raison, P. rubicundus ressemble beaucoup plus à Phallus ravenelii, duquel il se distingue principalement pas la couleur.

L’identification a été confirmée par Renée Lebeuf qui l’a déjà observé en Pennsylvanie. Renée note d’ailleurs que P. rubicundus est une espèce envahissante et qu’il n’est pas surprenant qu’elle ait maintenant gagné le Québec.

Phallus rubicundus a été décrite en premier en 1811 sous le nom de Satyrus rubicundus (d’où son nom français de Satyre) par le botaniste français Bosc à partir de collections provenant de la Caroline du Sud.  Elle est très bien connue dans les régions du sud-est des États-Unis, mais est maintenant répertoriée dans presque toutes les régions du globe incluant les régions tropicales et subtropicales de l’Australie, la Chine, le Japon, la corée, l’Inde la Thaïlande et également dans plusieurs pays d’Afrique. On le connait aussi en Amérique du Sud et les Caraïbes, cependant, jusqu’à maintenant il ne semblait pas avoir atteint les limites nordiques des États-Unis, bien qu’elle était fréquemment trouvée à Central Park dans la ville de New York.

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PHOTO : CLaude Bélanger
P. rubicundus est saprobe, c’est-à-dire qu’elle décompose la matière dans des jardins, paillis, copeaux de bois et sol bien engraissé. Ce type de croissance peut expliquer sa dispersion mondiale facilitée par l’exportation de copeaux de bois pour l’horticulture. D’ailleurs, une partie des spécimens récoltés par Claude Bélanger poussaient sur paillis dans une plate-bande aménagée, dans un refuge d’oiseaux migrateurs, dont des hérons et des Orioles.

Pour les gens intéressés également par la philatélie, ce champignon est illustré sur un timbre de la Sierra Leone en 1993.

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Une description détaillée de l’espèce peut être trouvée sur Mycoquebec mais aussi sur le site web Fungi Growing on Wood par Gary Emberger et le site MushroomExpert de Michael Kuo. Une clé des espèces de Phallus américain a été publiée sur Mycoquébec par Roland Labbé

Phallus rubicundus
PHOTO : John S. Harper, Mushroom Observer. À partir de Wikimedia Commons

 Références

One Response

  1. Patrick Poitras

    Je ne me souviens pas d’avoir lu cet article. C’est une très belle découverte, Claude! Je ne suis pas certain que je pourrai trouver une telle espèce par ici, quoi que…

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