Les spores des hyménomycètes

Guy Fortin

avec la collaboration de Roland Labbé

Les spores constituent des éléments microscopiques primordiaux dans la détermination d’un champignon. Guy Fortin et Roland Labbé nous expliquent comment les étudier.

Généralités

Les spores sont des propagules qui assurent la reproduction du mycélium et donc, du champignon. Elles sont également des éléments microscopiques primordiaux dans la détermination d’un champignon.

Chez les hyménomycètes, les spores produites par les basides à l’extrémité de stérigmates, se rattachent à ceux-ci par une excroissance appelée appendice hilaire.

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Amanita rhacopus et Amanita variicolor, deux nouvelles amanites pour la science

par Roland Labbé et Jacques Landry

On les connait depuis longtemps au Québec, mais leurs noms n’étaient pas valides. La situation vient d’être corrigée avec une publication dans la revue MYCOKEYS. Roland Labbé et Jacques Landry nous en font un portrait.

Lambert, H., Fortin, G., Labbé, R., Labrecque, J., Bérubé, J. A., Landry, J., Ilyukhin, E., Margaritescu, S., Moncalvo, J. M. et Lamoureux, Y. (2018). Validation of two Amanita species from eastern North America: A.rhacopus sp. nov. and A.variicolor sp. nov. MycoKeys, (38), 47-57. doi:10.3897/mycokeys.38.27041

Bien que très bien connues au Québec, l’amanite à pied déguenillé et l’amanite versicolore n’avaient jusqu’à tout récemment aucun nom scientifique reconnu. Elles étaient à toute fin pratique inconnues de la mycologie officielle, malgré leur publication en 2006 par Yves Lamoureux dans le livre « Champignons du Québec, Tome 2, Les Amanites » (1). En effet, pour être reconnue, la publication aurait dû offrir une description en latin ou en anglais des espèces et de plus préciser l’existence de collections types.

Une petite équipe intéressée à corriger cette situation s’est formée à l’initiative de Jacques Landry, administrateur de Mycoquébec, et supervisée tout au long du processus par Herman Lambert. L’équipe se composait de chercheurs, rédacteurs et de microscopistes du Québec ainsi que de collaborateurs de Toronto qui ont réalisé la partie moléculaire du travail.

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Polyporus tuberaster, un polypore longtemps recherché.

Par Roland Labbé

La découverte par Jean Després de Polyporus tuberaster, un polypore longtemps recherché au Québec, nous est contée par Roland Labbé.

Qui dit que le hasard ne fait pas bien les choses? Parfois il faut y mettre l’effort voulu. Jean Després a fait une rencontre exceptionnelle ce jeudi deux août dernier.

Jean est un mycologue expérimenté du Cercle des mycologues de Montréal. Il a écrit plusieurs livres sur la mycologie, dont un en collaboration avec treize spécialistes, qu’il décrit comme une  approche encyclopédique sous le titre ‘’L’univers des champignons’’. Ce livre laisse une marque indélébile au Québec, par la profondeur des sujets traités. De plus, quel mycologue amateur ne connaît pas son petit chef-d’œuvre ‘’Champignons comestibles’’, dont la dernière édition date de 2017.

Cette journée-là, Jean se promenait comme toujours avec sa caméra dans les sentiers de l’Arboretum Morgan de Montréal. Il fit la découverte, pour la première fois au Québec du polypore à sclérote (Polyporus tuberaster) qu’il photographia sans s’imaginer la découverte qu’il  faisait. Voici ce qu’il nous raconte. Lire la suite

Nouveautés chez les Suillus du Québec

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Sept Suillus changent de nom.

Pauline Dubé, Roland Labbé et Jacques Landry

 

Une bonne nouvelle! Contrairement aux Boletus qui ont été complètement démantelés suite aux études phylogénétiques des dernières années (voir l’article sur les Bolets paru précédemment), les Suillus eux résistent. Une étude phylogénétique à grande échelle vient de révéler que le concept des Suillus tient la route, bien que l’identité de plusieurs de nos espèces ait été précisée et qu’ils changeront de noms. Heureusement, les auteurs ont utilisé plusieurs séquences de Suillus en provenance du Québec, ce qui nous permet de nous ajuster précisément aux résultats de l’étude. (Photo à la une : Suillus paluster, Herman Lambert)

Nguyen et al. (2016)  dont l’article doit paraître dans Mycologia très bientôt, ont réalisé une vaste étude phylogénétique des espèces du genre Suillus en utilisant les séquences ITS disponibles dans les bases de données publiques et en séquençant 224 nouveaux spécimens, de collections et cultures. Quinze holotypes d’espèces nord-américaines ont aussi été séquencés.

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Hortiboletus

"Photo

L’article Mise à jour sur les genres de bolets au Québec publié sur ce blogue le 9 avril 2015, vient d’être modifié par l’ajout d’une section sur le genre Hortiboletus. Cette section est reproduite ici.

La photo à la une est de Fernand Therrien.

 

 

Hortiboletus

Diffère du genre Xerocomellus par les caractères suivants : Spores lisses, non striées ni tronquées, à Q sporal moyen < 2,5;  Petites taches rouge vermillon dans la base de la chair de son pied; pousse en milieux urbains

Hortiboletus rubellus / Bolet rougeâtre
PHOTO : Renée Lebeuf

Une seule espèce au Québec, H. rubellus, occasionnelle.

Elle a déjà été placée dans le Xerocomellus par sa stature et certains autres caractères, mais en diffère par la présence souvent de petites taches rouge vermillon dans la base de la chair de son pied, ses spores lisses, non striées ni tronquées, à Q sporal moyen < 2,5, et sa pousse fréquente dans les milieux urbains, tels que parcs, jardins, parterres de fleurs, le long des sentiers et des chemins perturbés, d’où son étymologie de bolet des jardins (du latin, hortus). Comestibilité, non recommandée.

H. rubellus est une espèce européenne et il n’est pas clair qu’elle soit correctement identifiée au Québec. Trois autres taxons lui ressemblent beaucoup et sont américains : Boletus fraternus, B. subfraternus ou B. campestris (Yves Lamoureux, comm, pers.). D’ailleurs selon Index Fungorum, B. fraternus serait un synonyme de H. rubellus. Selon KuoH. rubellus est présent en Amérique (associé à l’origine à des arbres importés d’Europe) et il ressemble beaucoup à B. campestris. Ce dernier a des points orange plutôt que rouges à la base du pied. Ils auraient des pileipelis très différents. Quant à B. subfraternus, Kuo le distingue  par la grosseur, des caractéristiques des pores près du pied, la coloration sur les vieux spécimens et des caractères microscopiques.