Morille et ail des bois.

Morille et ail des bois.

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Potins mycologiques du 17 mai 2017

par Yves Lamoureux

(publication originale sur la page Flickr de l’auteur)

Après avoir laissé passer 48 heures de temps chaud et de repos pour mon dos, je suis retourné aux morilles, incapable de me retenir. J’ai rapidement visité trois stations de Blondes.

Au premier endroit, visité pour la première fois cette année, je n’ai vu aucune morille. Pourtant, j’en trouve régulièrement quelques dizaines dans cette talle.

J’ai alors décidé d’aller «faire le ménage», expression consacrée signifiant que l’on retourne exactement au même endroit visité deux ou trois jours auparavant, pour y récolter quelques morilles oubliées… car on en oublie toujours! Si bien que ceux qui ont le temps font le «ménage» deux fois à chaque station. Cela permet ainsi de récolter les premières à sortir, puis le gros de la poussée, et enfin les dernières à fructifier. Car la poussée des morilles suit la courbe de la loi normale (la fameuse cloche). Elles ne poussent pas toutes en même temps comme le font d’autres espèces.

J’en avais ainsi laissé cinq, bien cachées dans l’herbe lundi dernier, près de quelques ormes morts. Elles avaient jauni, devenant nettement plus visibles.

Puis je suis retourné faire le ménage à la troisième station, celle des peupliers. Là j’ai décidé de pénétrer un peu vers le milieu de la friche. Ça valait le coup! Une cinquantaine, de toute beauté. Avec un beau Gyromitra gigas en plein centre de la talle. Mais mon foutu dos me pressait de rentrer (je serais bien resté au paradis!). Ainsi, une seule heure sur place m’a permis de cueillir ces belles Blondes!

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Mais l’histoire ne se termine pas là…

Cinquante-quatre belles morilles blondes, contrôlées par le MFFP!

En forêt depuis 6 h 30, je venais donc de terminer la cueillette de ces magnifiques morilles. Mon sac rempli, mon trousseau de clés à la main, je revenais vers la voiture, content de ma récolte. Une fois les champignons rangés dans la glacière, je m’apprêtais à démarrer quand une femme en uniforme (et armée!) m’accosta en me montrant son badge. Elle m’attendait depuis déjà presque une heure…

– Qu’est-ce que vous venez de mettre dans votre glacière?

– Ben… des morilles.

Elle voulait voir. Elle et sa partenaire ont tout vérifié. Elles cherchaient de l’ail des bois… Mes morilles ne les intéressaient pas.
Ail des bois 2

J’ai appris que j’étais surveillé depuis des années! Ma voiture était fichée, de même que mon numéro de plaque. Le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) connaît mes lieux de cueillette (qui correspondent à des talles d’ail des bois, de toute évidence). Jamais les agents n’avaient réussi à m’épingler, mais cette fois, comme elles avaient repéré ma voiture sur le bord de la route, les deux agentes avaient décidé d’attendre que je sorte du boisé pour me… cueillir.

Je n’avais rien à me reprocher, comme elles l’ont reconnu, mais l’incident m’a déstabilisé… Elles ont fouillé la voiture au grand complet, pensant que mon histoire de morilles pouvait n’être qu’une «couverture».

J’ai laissé mes clés dans l’auto, la porte s’est refermée… et s’est verrouillée. Pas de clé de secours dans ma poche! Les agentes, se sentant un peu coupables, ont appelé le CAA pour moi (car bien sûr, mon cellulaire était lui aussi dans la voiture). L’attente risquait de durer ¾ d’heure. Elles ont donc eu la gentillesse de revenir passer près de moi à quelques reprises, jusqu’à l’arrivée de la dépanneuse.

Toute une aventure… Mais ça valait le coup!

Deux jours plus tard

J’y suis retourné ce matin pour dire bonjour à la jolie agente blonde (elle avait au gros max 28 ans). Elle n’était pas là…

J’ai donc dû me contenter d’une autre centaine de Blondes.

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Certaines n’ont pas aimé les deux journées cuisantes suivies du déluge d’hier soir: il a fallu que j’en laisse une bonne dizaine qui commençaient à pourrir. « Dur dur les morilles. »

Plus au nord, il y en avait une dizaine qui sortaient à peine…
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Note : Les gens qui me connaissent savent bien qu’en réalité, je préfère les « argentées » (je ne parle pas du compte de banque!).

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