Les cortinaires : le sous-genre Myxacium

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par Herman Lambert

Voici le quatrième d’une série d’articles préparés par Herman Lambert sur le sujet difficile des Cortinarius. Ces articles mis à jour pour le blogue ont été publiés entre mai 2014 et juillet 2015 dans la revue LE BOLETIN du Cercle des mycologues amateurs du Québec.

Les cortinairesLE BOLETIN, Vol. 61 No 2 Mai 2014 –> Le blogue Mycoquébec, 16 octobre 2015
Les cortinaires, le sous-genre Cortinarius. LE BOLETIN, Vol. 61 No 3 Juillet 2014 –> Le blogue Mycoquébec, 3 novembre 2015
Les cortinaires, le sous-genre Phlegmacium. LE BOLETIN, Vol. 62 No 1 Jamvier 2015 –> Le blogue Mycoquébec, 6 décembre 2015 
Les cortinaires, le sous-genre Myxacium. LE BOLETIN, Vol. 61 No 4 Novembre 2014
Les cortinaires, le sous-genre Telamonia. LE BOLETIN, Vol. 62 No 3 Juillet 2015 –> Le blogue Mycoquébec, 9 mai 2016

Ce sous-genre des cortinaires est sans doute le plus facile à reconnaître; le chapeau et le pied de ces espèces sont glutineux à l’humidité ou légèrement visqueux et alors la cuticule du chapeau a un goût amer. La viscosité est détectable, même si le champignon a séché, car les épines, feuilles et débris se collent sur le chapeau et le pied (surtout à la base). En cas de doute, lorsque la viscosité est difficilement détectable et qu’il n’y a pas de débris collés sur le champignon, « donnez une becquée ou un coup de langue » sur la surface du chapeau et vous détecterez alors un goût amer s’il s’agit d’un myxacium.

En détail, le chapeau des spécimens matures mesure de 3 à 12(15) cm de diamètre, campanulé, convexe à étalé, un peu déprimé; il est viscidule à glutineux. Les jeunes lames sont soit ocre pâle, bleuâtres ou blanchâtres. Le pied est clavé, subclavé ou cylindrique, quelquefois atténué vers la base. Ce sont des cortinaires de taille petite à moyenne. Le voile universel est blanc, jaune ou bleu-violet; chez quelques espèces, il est épars. La chair est blanchâtre à ocre pâle. L’odeur est non distinctive, déplaisante, de radis, de miel ou iodoforme.

Les spores qui mesurent 10-16 x 5,5-9,5 µm sont citriformes, amygdaloïdes ou légèrement fusiformes. Si elles sont plus petites, de 5,5-9,5 x 4-8 µm, elles sont alors subglobuleuses à ellipsoïdes. Les cellules marginales sont clavées ou basidioformes (ressemblent à des basides sans stérigmates). Le pileipellis est en ixocutis. Les boucles d’anastomose entre les éléments microscopiques sont parfois présentes.

Ce sous-genre est divisé en 4 sections; les sections Defibulati et Myxacium sont monophylétiques, donc les espèces de ces sections sont bien regroupées. Par contre, la phylogénie démontre que les membres des sections Vibratiles et Delibuti sont très proches des membres des autres sous-genres. La présente taxonomie n’est donc pas fixée et elle sera un jour revue pour prendre en considération les relations phylogéniques entre ces cortinaires.

Au Québec, nous avons peu de cortinaires dans ce sous-genre, seulement 13 espèces sont dans l’index de Mycoquébec. Quelques-uns sont assez communs et sont facilement reconnaissables tels C. trivialis, avec son pied typique orné de bandelettes écailleuses et visqueuses à la base, et C. iodes, qui est complètement violet à lilas avec quelques taches de jaune sur le chapeau et qui pousse sous les chênes.

Clé des sections du sous-genre Myxacium

(selon Funga Nordica)

Spores subglobuleuses; chapeau et voile universel jaunâtres ou bleuâtres  → Section Delibuti

Spores amygdaloïdes, ellipsoïdes, légèrement ellipsoïdes ou citriformes; chapeau jaune, brun ou bleuâtre; voile universel blanchâtre ou bleuâtre → 

C. delibutus (section Delibuti);
Cortinarius delibutus (section Delibuti);

 

Saveur amère; chapeau 1-6 cm; spores < 9,5 µm de longueur → Section Vibratile

 Saveur douce; chapeau 6-13 cm; spores > 9,5 µm de longueur —> ③

C. vibratilis (section Vibratiles);
Cortinarius vibratilis (section Vibratiles);

Spores amygdaloïdes, ellipsoïdes ou légèrement fusiformes, légèrement verruqueuses, boucles présentes, cellules marginales petites, basidioformes, odeur indistincte, pied brunissant à la base → Section Myxacium

Spores citriformes, densément verruqueuses, boucles absentes, cellules marginales grandes, abondantes, clavées à sphéropédonculées, souvent avec odeur de miel (en froissant les lames ou la chair); pied ne brunissant pas à la base  →Section Defibulati

C. trivialis (section Myxacium);
Cortinarius trivialis (section Myxacium)
C. mucifluus (section Defubilati);
Cortinarius mucifluus (section Defubilati);

 

 

 

Cette clé est difficile d’application sur le terrain, car elle est basée sur la forme des spores et la présence d’éléments microscopiques. Je vous présente donc une clé basée sur les caractères morphologiques regroupant les cortinaires du sous-genre Myxacium que nous connaissons au Québec. Il ne faut pas oublier que plusieurs espèces de cortinaires ne sont pas encore connues: il se peut que l’exercice soit vain si vous rencontrez un de ces « inconnus »! Retenez qu’un cortinaire du sous-genre Myxacium a le pied et le chapeau collant et que parfois sa cuticule est amère. Avec ces caractères, sus aux Myxacium!

Clé des espèces du sous-genre Myxacium au Québec

Cette clé est interactive. Cliquez sur le renvoi à la droite pour descendre directement à la ligne suggérée. Cliquez sur le numéro de la ligne à la gauche pour retourner à l’énoncé précédent. Les genres représentés sur Mycoquébec sont en vert et sont cliquables.

Pour ceux qui auraient des problèmes à visualiser la clé ici, elle est publiée également sur Mycoquébec. Vous pouvez vous y rendre en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Clé des espèces du sous-genre Myxacium au Québec

Remerciement

L’auteur remercie Renée Lebeuf qui a permis l’utilisation de ses photos

Références

  • Funga Nordica, 2nd revised edition, Agaricoid, boletoid, clavarioid, cyphelloid and gastroid genera, Knudsen H, Vesterholt J (eds), Narayana Press, 2012, 774–781. Nordsvamp, Denmark.
  • Site web de Mycoquébec (2015)

 

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One Response

  1. Patrick Poitras

    Encore une fois, Herman, c’est un article très intéressant! Mes félicitations! À elle seule, l’étude des cortinaires doit sûrement occuper toute une vie… et plus encore!

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