Le genre Hydnellum

Le genre Hydnellum

Classé dans : Taxonomie-Systématique | 2

par Roland Labbé

Hydnellum ferrugineum / Hydne ferrugineux  PHOTO : Fernand Therrien
Hydnellum ferrugineum / Hydne ferrugineux
PHOTO : Fernand Therrien

Les espèces du genre Hydnellum font partie des hydnes terrestres piléés et stipités. Ils ont un chapeau et un pied et poussent sur le sol.

Ce sont des champignons mycorhiziques et ils s’associent typiquement aux conifères, parfois aux feuillus tels que les Fagaceae. Leur durée de vie est longue et ils poussent jusqu’à tard l’automne.

Les espèces de ce genre sont souvent irrégulières, déformées. Elles sont simples ou concrescentes, parfois même ramifiées à partir d’une base commune ou formant des chapeaux secondaires.

Leur chapeau est ± arrondi, convexe à déprimé, velouté-tomenteux puis feutré, fibrilleux ou glabrescent. En surface, ils présentent souvent des alvéoles et des scrobicules, rarement des écailles. Leur couleur est variable, allant du blanc, crème, jaunâtre, orangé, olivacé, rouge, brunâtre à bleuâtre. La marge du chapeau peut demeurer pâle longtemps.

Hydnellum caeruleum/ Hydne bleu d'azur  PHOTO : Herman Lambert
Hydnellum caeruleum/ Hydne bleu d’azur
 PHOTO : Herman Lambert

Le dessous du chapeau est constitué d’aiguillons qui sont souvent décurrents, relativement trapus et typiquement bruns à pourprés avec l’âge. C’est sur ces pointes orientées vers le sol que se forment les basides qui produisent les spores.

Aiguillons longuement décurrents sur le pied de Hydnellum aurantiacum PHOTO : Renée Lebeuf
Aiguillons longuement décurrents sur le pied de Hydnellum aurantiacum
PHOTO : Renée Lebeuf

Leur pied est centré ou excentré, égal ou presque, atténué vers la base ou bulbeux. Il est parfois radicant, typiquement plein, glabre, velouté-tomenteux et concolore au chapeau ou blanchâtre. Sa base est parfois d’une couleur différente du reste du spécimen.

Hydnellum aurantiacum / Hydne orangé  PHOTO : Jacques Landry
Hydnellum aurantiacum / Hydne orangé
PHOTO : Jacques Landry

Leur chair est mince ou épaisse, molle, fibreuse, subéreuse ou coriace, même ligneuse avec l’âge. Elle est souvent duplexe, c’est-à-dire qu’elle présente deux textures différentes, soit molle et spongieuse sur le dessus, compacte et plus dure au-dessous. Cette chair est aussi souvent zonée ou tachée à la coupe. Elle présente ainsi des zones alternantes concentriques ou des taches de différentes couleurs.

Leur odeur peut être indistincte, douce, farineuse, fragrante, anisée, et leur saveur va de douce, farineuse, amère, âcre à très âcre, jusqu’à piquante-brûlante chez une espèce.

Sans titre
Spores de Hydnellum concrescens
PHOTO : Herman Lambert

La sporée des Hydnellum est brunâtre ou brune. Ils diffèrent donc de leurs sosies Phellodon qui ont une sporée blanche.

Leurs spores sont subglobuleuses ou ellipsoïdes. Elles ont un contour irrégulier, étant ornées de verrues inégalement distribuées. Ces verrues sont parfois concrescentes, bifurquées ou crêtées. Au microscope, elles sont brunâtres et ne réagissent pas au Melzer. Elles sont dites inamyloïdes ou non amyloïdes.

Leur structure hyphale est monomitique, ne comportant qu’un seul type d’hyphe, les génératrices, qui ne sont pas renflées et n’ont habituellement pas de boucles aux septa. Parmi ces hyphes, on rencontre souvent des hyphes thromboplères qui sont des hyphes sécrétrices mortes, dont le deutéroplasme est formé comme un caillot sanguin, coagulé, gélatineux, ferme et homogène, ne s’écoulant pas et fortement réfringent. Les espèces de l’ordre des Thelephorales, auquel appartiennent les Hydnellum, présentent typiquement des hyphes thromboplères.

Les Hydnellum poussent surtout sous les Pinaceae: épinettes, pins et sapins, et parfois sous des feuillus, les Fagaceae, particulièrement les chênes et les hêtres.

Il existe au moins dix espèces d’Hydnellum au Québec présentement. D’autres vont s’y rajouter, à la suite de recherches plus ciblées et d’une meilleure connaissance du genre. Aucune n’est comestible à cause de la leur chair trop fibreuse ou coriace, mais aucune n’est toxique.

Une clé dichotomique et une clé schématique des Hydnellum au Québec suivent ce court texte qui synthétise ses caractères principaux.

Remerciements

Merci à Guy Fortin et Johanne Paquin pour la révision de ce texte et Jules Cimon, John Plischke,Jean Choinière, Pauline Dubé, Yves Lamoureux, Jacques Landry, Marc Bois, Jean Després, Renée Lebeuf et Fernand Therrien pour avoir permis l’utilisation de leurs photos. Illustré et mis en page par Jacques Landry.

Clé des Hydnellum au Québec

Cette clé est interactive. Cliquez sur le nom de l’espèce en vert pour accéder à la page de l’espèce sur Mycoquébec. Cliquez sur le renvoi (chiffre vert) à la droite pour descendre directement à la ligne suggérée. Cliquez sur le numéro de la ligne à la gauche pour retourner à l’énoncé précédent. Pour ceux qui aurait des problèmes à visualiser la clé ici, elle est publiée également sur Mycoquébec. Vous pouvez vous y rendre en cliquant sur le bouton bleu ci-dessous.

Clé des Hydnellum au Québec

2 Responses

  1. Quelle merveilleuse équipe et quel travail remarquable! Merci à tous les contributeurs de partager avec nous tous. C’est apprécié. Merci encore
    Claire Turcotte

  2. Jacqueline Labrecque

    Magnifique!

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